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Matin5 min 57Parispar Professeur Boussole

Voitures chinoises : pourquoi l'Europe pose un plafond

L'Union européenne et la Chine s'entendent pour limiter à 350 000 par an les hybrides chinoises vendues en Europe. Pourquoi protéger l'industrie automobile, qui paie, et qu'en dit l'Histoire ? Aussi : trêve énergétique en Ukraine, cyberattaque contre des supermarchés, élections palestiniennes reportées.

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Transcription

Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.

Léa

Hugo, une voiture hybride chinoise coûte moins cher qu'une européenne. Alors pourquoi l'Europe vient-elle de décider d'en limiter l'entrée ?

Hugo

Excellente question, Léa, et elle vient d'une nouvelle de lundi : Bruxelles et Pékin se sont entendus pour plafonner les importations de voitures hybrides chinoises.

Léa

Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.

Hugo

Les faits d'abord. Un responsable européen a confirmé lundi un accord : au maximum trois cent cinquante mille hybrides chinoises par an. Une voiture hybride, c'est une voiture qui combine un moteur à essence et un moteur électrique. Selon une dépêche reprise par plusieurs journaux, cela divise par plus de deux les flux actuels.

Léa

Et le quotidien britannique The Guardian précise que l'Union européenne s'appuie sur les règles de l'Organisation mondiale du commerce pour imposer ce quota rapidement, et que la part de marché des constructeurs chinois dans ce segment serait ramenée à environ trois pour cent.

Hugo

Le Wall Street Journal et le Financial Times rapportent la même chose. Un détail important, quand même : les gouvernements des Vingt-Sept doivent encore se prononcer. Ce n'est donc pas totalement bouclé.

Léa

Attends, pourquoi les hybrides ? Je croyais que l'Europe taxait déjà les voitures chinoises.

Hugo

Bonne remarque. Depuis deux mille vingt-quatre, l'Union européenne a surtaxé les voitures entièrement électriques venues de Chine, parce qu'elles bénéficiaient, selon Bruxelles, d'aides publiques massives. Mais les hybrides n'étaient pas visées. Les constructeurs chinois se sont donc tournés vers elles, et c'est ce trou dans la raquette que l'accord cherche à boucher.

Léa

Et pourquoi la Chine exporte-t-elle autant ?

Hugo

Un chiffre de France vingt-quatre donne la clé : les marques chinoises représentent déjà dix pour cent des ventes dans l'Union européenne. Et chez elles, en Chine, les ventes de voitures reculent. Quand on produit trop et qu'on vend moins chez soi, on exporte. C'est ce qu'on appelle la surcapacité.

Léa

Ce qui nous amène à la question qui dérange. Pour un conducteur, une voiture moins chère, c'est une bonne nouvelle. Alors, qui l'Europe protège-t-elle vraiment ?

Hugo

Trois réponses. D'abord, l'emploi : l'automobile fait travailler des centaines de milliers de personnes en Europe, dans les usines et chez les sous-traitants. Ensuite, la puissance : si on perd une industrie, on dépend des autres pour la reconstruire, comme l'Europe l'a vécu avec les panneaux solaires. Enfin, la réciprocité : Pékin aide ses entreprises, donc l'Europe estime que la concurrence n'est pas équitable.

Léa

Mais il y a un revers, non ?

Hugo

Oui, et il faut le dire. Moins de concurrence, ce sont potentiellement des prix plus élevés pour les acheteurs. Le Financial Times rapporte aussi que d'autres secteurs industriels avertissent : sans mesures supplémentaires, l'énorme excédent commercial chinois va persister. Et Pékin pourrait répondre par des mesures de rétorsion. Ça, c'est une hypothèse, pas un fait.

Léa

Et côté français ?

Hugo

Lundi, au Mondial de l'automobile à Paris, Emmanuel Macron a annoncé un accord franco-allemand imminent sur la politique automobile européenne, avec l'idée d'un « made in Europe ». Selon le Financial Times, il repousserait la fin des moteurs thermiques. Libération note que le ton se durcit contre Pékin, quitte à sacrifier des objectifs environnementaux. Voilà le dilemme : protéger l'industrie ou accélérer la transition écologique.

Léa

Et l'Histoire, elle nous dit quoi ?

Hugo

Qu'on a déjà vu ça. En mille neuf cent quatre-vingt-un, les États-Unis obtiennent du Japon qu'il limite volontairement ses exportations de voitures, parce que les modèles japonais, plus économes, envahissaient le marché. Même logique : protéger des emplois, sans fermer complètement la porte.

Léa

Et la différence ?

Hugo

Les constructeurs japonais ont alors construit des usines sur place, aux États-Unis. Les constructeurs chinois pourraient faire de même en Europe. Et surtout, la Chine d'aujourd'hui est une rivale stratégique d'une tout autre taille que le Japon des années quatre-vingt, avec des technologies de batteries que l'Europe n'a pas rattrapées.

Léa

Pour ta fiche de révision, Jade, et toi qui écoutes : on est en plein Thème deux du programme, les dynamiques des puissances. La puissance commerciale, c'est une arme : quotas, droits de douane, normes.

Hugo

Passons au reste de l'actualité, en vitesse. D'abord, l'Ukraine. Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu sur les frappes visant l'énergie. Selon le Kyiv Independent, il a déclaré que les deux camps avaient accepté « parce que je l'ai dit ». Un haut responsable ukrainien affirme ne pas avoir été prévenu. Volodymyr Zelensky se dit prêt à accepter, à condition que Moscou cesse de viser le réseau électrique ukrainien. Et le Kremlin n'a, pour l'instant, rien dit. Pendant ce temps, les frappes continuent, notamment à Kyiv et à Kharkiv.

Léa

Une annonce n'est pas un accord. Retiens-le. Et à ceux qui se demandent si l'on peut organiser des élections en pleine guerre : la réponse, hier, c'est que Moscou a refusé la trêve de soixante jours que demandait Kyiv pour en tenir une.

Hugo

Deuxième sujet, en France : une cyberattaque a frappé, dans la nuit de dimanche à lundi, plusieurs centaines de supermarchés. Les installations frigorifiques ont surchauffé, des tonnes de denrées ont été jetées. Une faille dans un logiciel du fabricant danois Danfoss est en cause, mais l'entreprise assure que les appareils visés sont obsolètes. Le Premier ministre a saisi l'agence nationale de sécurité informatique. Les auteurs ne sont pas identifiés, et on n'accuse personne sans preuve.

Léa

Troisième sujet, la Palestine. Mahmoud Abbas a reporté les élections au onze septembre deux mille vingt-sept, en invoquant les obstacles liés aux mesures israéliennes. Le ministre israélien des Affaires étrangères l'accuse de tromper la communauté internationale. Il n'y a plus eu d'élections palestiniennes depuis deux mille six.

Hugo

Dernier point : les lycéens manifestent aujourd'hui pour un cinquième temps fort. D'après la plateforme ouverte par le gouvernement, soixante et onze pour cent des revendications portent sur les emplois du temps. Quant au chiffre des manifestants, on attend de savoir qui le donne : la préfecture, les syndicats, ou les organisateurs.

Léa

Alors, qu'est-ce qu'on retient ?

Hugo

Un : l'Europe plafonne les hybrides chinoises pour protéger son industrie, c'est du protectionnisme assumé. Deux : un quota limite la quantité importée, un droit de douane en augmente le prix. Trois : une annonce n'est pas un accord, que ce soit sur le commerce ou sur l'énergie.

Léa

Et une question à emporter, Jade, et toi qui écoutes. Si les voitures chinoises sont meilleur marché, qui doit payer le prix de la protection de l'industrie européenne : le conducteur, le contribuable, ou l'ouvrier qui garde son emploi ? Réfléchis-y : on y revient ce soir.

Hugo

À ce soir !