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Matin5 min 33Belgradepar Professeur Boussole

Serbie : les étudiants peuvent-ils battre le pouvoir par les urnes ?

Dimanche, la Serbie vote : une liste d'étudiants, née après l'effondrement de la gare de Novi Sad, défie le parti au pouvoir depuis quatorze ans. Pourquoi le président a-t-il démissionné pour rester puissant ? Élection libre, compétitive, équitable : la notion du jour. Plus l'actu : Macron et les lycéens, Poutine et « l'accord final », le séisme au Tibet.

Transcription

Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.

Léa

Hugo, imagine : tu diriges un pays depuis quatorze ans, et tu démissionnes de ton poste le plus haut. Tu perds du pouvoir, non ?

Hugo

Eh bien, c'est justement ce qui se passe en Serbie, et la réponse est plus subtile que ça. Dimanche, des élections peuvent faire tomber le pouvoir en place.

Léa

Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.

Hugo

Jade, et toi qui écoutes, on est vendredi vingt-trois octobre. Et on commence par un pays qu'on cite rarement : la Serbie.

Léa

Replaçons-la. La Serbie, c'est un pays des Balkans, sans accès à la mer, traversé par le Danube. Sa capitale, Belgrade. Elle est candidate à l'Union européenne, mais elle n'en fait pas partie.

Hugo

Et dimanche, les Serbes votent pour élire leur Parlement, des élections anticipées. Face au parti d'Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis deux mille douze, il y a une liste inédite : la liste étudiante.

Léa

Une liste d'étudiants ? Sérieusement ?

Hugo

Deux cent cinquante candidats : des universitaires, des médecins, des artistes, même un ancien basketteur. Et selon la radio télévision suisse, elle serait légèrement en tête dans les sondages. Mais attention, un sondage n'est pas un résultat, et les instituts ne sont pas tous d'accord.

Léa

Pour comprendre, il faut remonter à novembre deux mille vingt-quatre. À Novi Sad, une ville du nord, l'auvent de la gare s'effondre. Seize personnes meurent.

Hugo

Beaucoup de Serbes y voient le symbole d'une corruption dans les chantiers publics. C'est la lecture des manifestants, et de la presse étrangère. Le président Vučić, lui, accuse le mouvement de préparer une révolution financée depuis l'étranger.

Léa

Et depuis, presque deux ans de manifestations. Jeudi soir, le dernier meeting de la liste à Belgrade a réuni environ cent cinquante mille personnes selon une dépêche reprise par le Guardian, et des centaines de milliers selon le Washington Post. Les estimations de foule divergent, comme toujours.

Hugo

Là, on arrive à la question qui intrigue. Pourquoi Vučić a-t-il démissionné de la présidence, le vingt-sept septembre ?

Léa

Réponse : parce que dans un régime parlementaire, le vrai pouvoir vient de la majorité au Parlement. En Serbie, le président a des pouvoirs limités, et c'est le chef du gouvernement qui détient l'essentiel de l'exécutif.

Hugo

Donc il conduit la liste de son parti, et s'il gagne dimanche, le Parlement peut l'élire Premier ministre. Il quitte le poste le plus haut sur le papier pour viser le poste le plus puissant. Attention : c'est une analyse, rien n'est joué.

Léa

Ça rappelle quelqu'un, non ?

Hugo

Vladimir Poutine, en deux mille huit. Il ne pouvait pas faire un troisième mandat présidentiel d'affilée, alors il est devenu Premier ministre, puis il est revenu à la présidence en deux mille douze. Mais la grande différence, c'est qu'en Serbie, le résultat n'est pas écrit d'avance.

Léa

Et l'Histoire donne un autre écho. Le cinq octobre deux mille, après une élection que le pouvoir de Milošević refuse de reconnaître, des centaines de milliers de Serbes, avec un mouvement étudiant, envahissent Belgrade, et le régime tombe.

Hugo

Ressemblance : la jeunesse comme moteur. Différence : en deux mille, la rue a renversé le pouvoir après un vote contesté. En deux mille vingt-six, la rue a choisi les urnes, elle se présente elle-même aux élections.

Léa

C'est là que le programme de Première entre en jeu. Thème un : la démocratie. Une élection peut-elle être libre sans être équitable ?

Hugo

Voilà la notion du jour. Libre, c'est voter sans pression. Compétitive, c'est que l'opposition a une vraie chance. Équitable, c'est avoir un accès comparable aux médias, aux moyens et à la justice.

Léa

Quand les urnes existent mais que le pouvoir contrôle l'essentiel des médias et des ressources publiques, les politistes parlent de régime hybride, ou de démocratie illibérale. À toi de voir si ça s'applique ici : ce sont des observateurs comme ceux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe qui jugent.

Hugo

Et c'est aussi le Thème trois, les frontières : la Serbie ne reconnaît pas l'indépendance du Kosovo, proclamée en deux mille huit. Le journal américain New York Times rappelle que le pouvoir joue sur ces ressentiments nationalistes non réglés.

Léa

Et pour nous, Français et Européens ? L'Union européenne négocie avec la Serbie depuis des années, sans grand progrès. Bruxelles est tiraillée entre stabilité des Balkans et exigence d'État de droit.

Hugo

Et oui, on est tenté de comparer avec la France : jeunesse mobilisée, colère. Mais méfie-toi : ressemblance de décor ne veut pas dire mêmes causes. Ici, une catastrophe précise et deux ans de mobilisation.

Léa

Trois scénarios, tous des hypothèses. Un : le parti au pouvoir gagne, avec des résultats probablement contestés. Deux : les étudiants gagnent, mais devront composer une majorité sans parti structuré. Trois : un résultat serré, des négociations de coalition et de la tension dans la rue.

Hugo

Trois autres infos rapides. En France, Emmanuel Macron reçoit aujourd'hui à quinze heures les organisations lycéennes, pour la première fois depuis le début de la contestation, avant un samedi où seules les manifestations syndicales sont autorisées.

Léa

En Ukraine, Vladimir Poutine se dit prêt à négocier un accord final, pas une trêve courte, selon ses propos rapportés par la télévision d'État russe. Volodymyr Zelensky estime que Moscou n'a pas changé d'attitude. Un cessez-le-feu fige le front, un accord final fixe des frontières : c'est tout l'enjeu.

Hugo

Et au Tibet, un séisme de magnitude sept a fait au moins seize morts selon un premier bilan de l'agence officielle chinoise Xinhua. Ce bilan est provisoire et pas encore recoupé de façon indépendante.

Léa

Trois idées à retenir. Un : une élection, c'est plus que des urnes, il faut qu'elle soit libre, compétitive et équitable.

Hugo

Deux : quitter un poste peut servir à garder le pouvoir, tout dépend de où il se trouve vraiment.

Léa

Trois : un mouvement né dans la rue peut choisir de passer par les urnes. C'est un changement de stratégie, pas une garantie de victoire.

Hugo

Jade, et toi qui écoutes, réfléchis-y : hier soir, on se demandait ce que font ceux qu'on écarte de la rue. En Serbie, ils se sont présentés aux élections. Mais que faire quand ils perdent ?

Léa

La réponse arrive ce soir. À tout à l'heure.