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Matin5 min 51Belgrade et Brasíliapar Professeur Boussole

Serbie et Brésil : qui dit qu'un résultat est juste ?

Deux pays votent le même dimanche, la Serbie et le Brésil, dans des scrutins annoncés serrés. Qui peut dire qu'un résultat est juste ? Les trois garde-fous d'une élection, avec un détour par Brasília en 2023, puis la mobilisation en France, la Cisjordanie et la visite de Kim Jong-un en Chine.

Transcription

Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.

Léa

Hugo, deux pays, un seul dimanche, et une même question : quand tu perds une élection, comment sais-tu que tu as vraiment perdu ?

Hugo

Excellente question, parce qu'aujourd'hui, la Serbie et le Brésil votent en même temps. Et dans les deux cas, la course est annoncée serrée.

Léa

Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.

Hugo

Jade, et toi qui écoutes, on est dimanche vingt-cinq octobre. Commençons par la Serbie, dont on te parlait vendredi.

Léa

Petit rappel. Les Serbes élisent leur Parlement, lors d'élections anticipées. D'un côté, le parti d'Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis deux mille douze. De l'autre, la liste étudiante, née après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, il y a presque deux ans, qui avait fait seize morts.

Hugo

La BBC parle d'une course au coude-à-coude. Et Courrier international rapporte que le dernier grand meeting de la liste étudiante, jeudi, a réuni environ cent cinquante mille personnes.

Léa

Mais attention, ni la foule ni les sondages ne sont des résultats. Et la chaîne allemande Deutsche Welle évoque des soupçons d'irrégularités, et la crainte d'une crise après le vote.

Hugo

Direction l'Amérique du Sud, maintenant. Au Brésil, c'est le second tour de la présidentielle. Environ cent cinquante-neuf millions d'électeurs sont appelés aux urnes, selon le Guardian.

Léa

Deux candidats. Luiz Inácio Lula da Silva, le président sortant, de gauche, qui vise un quatrième mandat. Et Flávio Bolsonaro, quarante-cinq ans, sénateur, conservateur, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, qui, selon le New York Times, a été emprisonné à cause d'un projet de coup d'État.

Hugo

Au premier tour, le quatre octobre, Flávio Bolsonaro est arrivé en tête. Depuis, Le Monde décrit un duel au coude-à-coude, et samedi, les deux camps ont rempli les rues. Plus d'un million de partisans de Lula sur la plage de Copacabana, selon le Guardian. Et Flávio Bolsonaro a lui aussi mobilisé en masse, d'après RFI.

Léa

Et les réseaux sociaux sont un vrai champ de bataille, comme le raconte franceinfo. Tu te souviens de l'amende contre Meta dont on parlait cette semaine ? Voilà pourquoi ça compte : on se bat aussi pour l'attention en ligne.

Hugo

Alors, la question qui dérange. Dans deux pays, les deux camps se disent menacés. Qui peut dire qu'un résultat est juste ?

Léa

Personne tout seul. Et c'est justement le point. Une élection est acceptée grâce à trois garde-fous.

Hugo

Un : des règles fixées à l'avance, connues de tous. Deux : un arbitre qui n'est pas l'un des candidats. Au Brésil, c'est la justice électorale, qui organise le vote et le dépouillement. En Serbie, ce sont la commission électorale et des observateurs, nationaux et internationaux, comme ceux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Léa

Et trois, le plus fragile : l'acceptation du perdant. Sans elle, les deux premiers garde-fous ne suffisent pas. On l'appelle la culture de l'alternance : accepter de quitter le pouvoir, ou de rester dans l'opposition, quand le vote est contre soi.

Hugo

Et l'Histoire nous montre ce qui se passe quand ça casse. Au Brésil, le huit janvier deux mille vingt-trois, une semaine après l'investiture de Lula, des partisans de Jair Bolsonaro ont envahi le Congrès, le palais présidentiel et la Cour suprême à Brasília, pour contester son élection d'octobre deux mille vingt-deux.

Léa

Ça rappelle l'assaut du Capitole, à Washington, le six janvier deux mille vingt et un, après la présidentielle américaine. Ressemblance : un camp refuse le verdict des urnes. Différence : ici, personne ne connaît encore le résultat, et chaque pays a ses institutions, ses règles et son histoire.

Hugo

Et la Serbie, c'est encore autre chose. En deux mille, le régime de Milošević avait refusé de reconnaître sa défaite, et la rue avait fini par le renverser. Là, c'est un mouvement né dans la rue qui choisit les urnes.

Léa

Côté programme de Première, c'est le Thème un, comprendre un régime politique : la démocratie. Le Thème quatre aussi, s'informer avec un regard critique. Car dans la soirée, des chiffres vont circuler très vite, et tous ne seront pas fiables.

Hugo

Un réflexe : attendre que les résultats soient donnés par l'autorité chargée de les compter, et se méfier d'un camp qui proclame sa victoire avant elle.

Léa

Et pour nous, Français, Européens ? La Serbie est candidate à l'Union européenne, et elle est voisine de plusieurs États membres. Chez nous, c'est le Conseil constitutionnel qui proclame les résultats de la présidentielle. Le principe est le même : un arbitre, des règles, un verdict accepté.

Hugo

Voyons trois autres informations. D'abord en France, la mobilisation de samedi. Entre quatre cent dix mille et huit cent mille personnes ont défilé, selon les décomptes cités par France vingt-quatre. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a estimé que les cortèges s'étaient bien passés, mais il a compté près de mille interpellations, avec des heurts en fin de journée dans plusieurs villes.

Léa

Ensuite, la Cisjordanie. La BBC rapporte que des maisons de Palestiniens ont été démolies à Hébron, après la mort de deux soldats israéliens vendredi. Et selon Haaretz, l'armée israélienne va boucler la Cisjordanie mardi, jour des élections en Israël. C'est une information de presse israélienne, que nous suivrons.

Hugo

Enfin, en Asie : le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a fait une visite surprise en Chine, la première depuis plus d'un an, selon le New York Times. Il a inauguré un nouveau pont à la frontière, d'après l'agence Associated Press, et il a visité un mémorial des soldats chinois morts pendant la guerre de Corée, selon Le Figaro.

Léa

Message politique clair : Pyongyang et Pékin rappellent une alliance de combat, vieille de plus de soixante-dix ans. C'est le Thème deux : les puissances, et leurs alliances.

Hugo

Trois idées à retenir. Un : une élection est jugée juste grâce à des règles, un arbitre et un perdant qui accepte.

Léa

Deux : un sondage serré ou une foule immense ne disent pas qui a gagné. Seul le décompte officiel le dit.

Hugo

Trois : quand un camp refuse le verdict, comme à Brasília en deux mille vingt-trois, c'est la démocratie elle-même qui est mise à l'épreuve.

Léa

Jade, et toi qui écoutes, réfléchis-y : si un candidat se déclare vainqueur avant l'annonce officielle, que doit faire un journaliste ?

Hugo

La réponse arrive ce soir, avec un épisode un peu spécial. À tout à l'heure.