Midterms : qui décide qui a gagné ?
Les Américains votent aujourd'hui, mais les résultats ne tomberont pas tous en même temps. Pourquoi, qui annonce le vainqueur, et que change la décision de la Cour suprême sur les bulletins californiens ? Avec le point sur l'Iran, l'Ukraine et le piratage record de Binance.
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Dans quelques heures, des dizaines de millions d'Américains vont voter. Mais ce soir, personne ne saura encore qui a gagné. Pourquoi, dans l'une des plus anciennes démocraties, un résultat peut-il prendre des heures, voire des jours ?
Et pourquoi, la veille du vote, la Cour suprême a-t-elle dû trancher une bataille autour de vingt mille bulletins ? On y va.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la spé histoire-géo, géopolitique et sciences po. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Rappel express : aujourd'hui, mardi trois novembre, ce sont les élections de mi-mandat. Toute la Chambre des représentants, quatre cent trente-cinq sièges, et trente-cinq sièges du Sénat sont en jeu. Hier, on a vu pourquoi le Congrès est un frein pour le président. Aujourd'hui, on regarde comment on compte.
Et déjà, un chiffre. Selon France 24, cinquante-deux millions d'Américains ont déjà voté avant le jour J, en se déplaçant plus tôt ou par correspondance. Et d'après Courrier international, c'est un record pour des élections de mi-mandat.
Voilà le nœud du problème. Aux États-Unis, ce n'est pas l'État fédéral qui organise le vote, ce sont les cinquante États, chacun avec ses règles. Quand ouvrent les bureaux, comment on compte les bulletins envoyés par la poste, combien de temps on les accepte : tout varie.
Et il y a le décalage horaire.
Exactement. Le pays s'étend sur plusieurs fuseaux. Les premiers bureaux de la côte Est ouvrent à midi, heure de Paris. Ceux de la côte Ouest ferment en pleine nuit chez nous. Donc les résultats tombent par vagues.
Alors, qui annonce le vainqueur ?
C'est la question que presque tout le monde se pose mal. La nuit de l'élection, ce sont les médias et les agences de presse qui annoncent des projections, à partir des premiers comptages. Le résultat officiel, lui, est certifié ensuite par chaque État. Une projection n'est pas un résultat certifié.
Et c'est là que la confiance devient un enjeu politique.
Oui. Hier, l'administration de Donald Trump a demandé à la Cour suprême d'obliger la Californie à mettre de côté plus de vingt mille bulletins. Elle soupçonnait leurs auteurs de ne pas être citoyens américains. Selon la BBC, le Financial Times et la Deutsche Welle, la Cour a refusé, ce qui met fin à cette tentative.
Et ce n'est pas la seule bataille de récit.
Non. France 24 relève que Donald Trump multiplie depuis des semaines les accusations de fraude, la plupart du temps, écrit la chaîne, sans fondement. Ses partisans répondent que le contrôle des listes électorales est légitime. Ce sont deux lectures, et c'est justement pour ça que les règles et les juges comptent.
Tu as un précédent historique ?
Deux mille. L'élection présidentielle se joue en Floride, à quelques centaines de voix près. Il faut recompter. Le douze décembre, la Cour suprême arrête le recomptage, et George Bush est déclaré vainqueur. Cinq semaines d'incertitude.
Et la différence avec aujourd'hui ?
Deux mille, c'était une présidentielle, et la Cour avait fini par décider. Là, ce sont des élections au Congrès, des centaines de scrutins locaux, et la Cour vient de refuser d'intervenir. L'incertitude est plus diffuse, mais elle existe.
Je te pose LA question qui dérange, alors. Pourquoi les Américains votent-ils un mardi, et pas un dimanche comme chez nous ?
L'explication habituelle remonte au dix-neuvième siècle, à l'époque des agriculteurs. Le dimanche, on allait à l'église. Le mercredi, c'était jour de marché. Et il fallait parfois une journée de cheval pour atteindre le bureau de vote. Le mardi arrangeait tout le monde. Aujourd'hui, c'est une habitude qui oblige beaucoup de gens à voter sur un jour de travail, ce qui explique en partie l'essor du vote par anticipation.
Comme quoi, une règle d'hier façonne la démocratie d'aujourd'hui. Et dans le programme de spé, ça touche le thème un : comprendre un régime politique, la démocratie.
Oui, et la notion à retenir : une élection n'est pas qu'un vote. C'est un vote, plus des règles connues d'avance, plus un arbitre. Sans ces trois éléments, le résultat peut être contesté.
Est-ce que ça touche aussi le reste du monde, ce vote ?
Oui, notamment l'Iran. Hier soir, Donald Trump a dit sur son réseau qu'un accord avec Téhéran « pourrait arriver ». Selon Axios, cité par France 24, il aurait répondu non à la question de reprendre les frappes après les élections. Pourtant, d'après le Wall Street Journal, relayé par Le Monde et Le Figaro, les États-Unis ont frappé lundi l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz. Un responsable américain parle de frappes défensives, selon l'agence AP. France 24 précise ne pas avoir confirmé ces frappes de façon indépendante.
Donc des signaux contradictoires.
Oui. Et le pétrole réagit : le baril de Brent a chuté de plus de sept pour cent, à environ cent cinq dollars, contre soixante-dix avant la guerre, selon France 24. Quand les marchés lisent une ouverture diplomatique, les prix baissent. Mais ils restent très élevés.
Ailleurs, l'Ukraine. Des frappes russes ont fait vingt-six morts, lundi, dans un village de la région de Zaporijjia, pendant une distribution d'aide humanitaire, selon Kiev. Volodymyr Zelensky parle d'un coup porté à tout espoir de paix. Pourtant, des discussions entre Américains, Russes et Ukrainiens sont annoncées le dix novembre à Abou Dhabi, selon le Kyiv Independent.
Et en parallèle, la France et le Royaume-Uni préparent un exercice militaire en Pologne, du neuf au vingt-deux novembre. Environ deux mille huit cents soldats de dix pays s'entraîneront à se déployer en Ukraine si la paix arrive, selon France 24.
Dernier sujet, un hold-up numérique. La plateforme de cryptomonnaies Binance a été victime d'un piratage record de six milliards trois cents millions de dollars. Le FBI accuse un groupe nord-coréen. Pyongyang dément et parle d'une « grave provocation politique », selon Le Monde et l'AFP. Une accusation du FBI n'est pas encore un jugement.
Allez, trois idées à retenir. Un : aux États-Unis, ce sont les cinquante États qui organisent l'élection, d'où des résultats par vagues. Deux : une projection des médias n'est pas un résultat certifié. Trois : une démocratie, c'est des règles connues d'avance et un arbitre, pas seulement un vote.
Si tu veux aller plus loin sur les midterms, Boussole propose un focus avec des schémas, dans un format plus long, sur sa chaîne YouTube.
Et pour finir, une question à réfléchir. Si un candidat conteste un résultat, à qui revient-il de trancher ?
Jade, et toi qui écoutes, réfléchis-y. La réponse arrive ce soir.