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Matin5 min 38Parispar Professeur Boussole

Grève du 5 novembre : les lycéens pèsent-ils autant que les salariés ?

Les syndicats appellent à une journée de grève avec lycéens et étudiants. Grève, manifestation, blocus : qu'est-ce qui les distingue en droit, et pourquoi la jonction des mobilisations inquiète-t-elle le pouvoir ? Parallèle avec le CPE de 2006, puis Vance et la guerre en Iran, et Joshua Wong à Hong Kong.

Transcription

Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.

Léa

Un lycéen n'a pas le droit de faire grève. Et pourtant, aujourd'hui, ce sont eux que tout le monde regarde.

Hugo

Attends, comment ça, pas le droit ? Ils sont dans la rue depuis des semaines !

Léa

Ils bloquent leur lycée, ils manifestent, mais ils ne font pas grève au sens du droit. On t'explique pourquoi, et pourquoi ça compte.

Hugo

Ici Boussole, l'actu décodée pour la spé histoire-géo, géopolitique et sciences po. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.

Léa

Nous sommes le jeudi cinq novembre. Jade, et toi qui écoutes, aujourd'hui, c'est le grand jour : les syndicats appellent à une journée de grève et de manifestations dans toute la France.

Hugo

Les principaux syndicats, ensemble. C'est ce qu'on appelle une intersyndicale. Ils réclament de meilleurs salaires, la défense des services publics, plus de justice fiscale, et ils protestent contre les économies prévues dans le projet de budget pour deux mille vingt-sept.

Léa

Et c'est la quatrième journée de mobilisation de l'automne, après celles des dix-sept, vingt-quatre et trente et un octobre. Mais celle-ci est différente : les salariés du public et du privé sont appelés à rejoindre les lycéens et les étudiants.

Hugo

Selon la CGT, cela faisait plus d'un an qu'il n'y avait pas eu de grève interprofessionnelle, c'est-à-dire de grève qui réunit tous les secteurs, public et privé. À prendre comme le dit un syndicat, pas comme un fait établi.

Léa

Côté pouvoir, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, annonce soixante-dix mille policiers et gendarmes mobilisés dans toute la France, et il promet qu'aucun débordement ne sera toléré.

Hugo

Et à Paris, il y a eu un bras de fer sur le parcours. Les organisateurs voulaient aller de la Bastille à la Concorde. La préfecture de police a refusé, en invoquant un contexte social extrêmement tendu. Le tribunal administratif a validé le parcours alternatif, de la place de la République à la place de la Nation, et la CGT l'a accepté.

Léa

Rappel de ce qu'on avait vu : une manifestation est une liberté, mais le préfet peut l'interdire si l'ordre public est gravement menacé, et c'est le juge qui contrôle. Là, le juge a validé la décision de la préfecture.

Hugo

Côté transports, la SNCF est touchée par un préavis dans les trains régionaux, mais, selon Le Monde, le trafic des TGV et du métro parisien resterait quasi normal.

Léa

Passons au mécanisme. Pourquoi ce « pas le droit de faire grève » pour les lycéens ?

Hugo

Parce qu'une grève, c'est un arrêt collectif du travail pour appuyer des revendications. Le droit de grève est reconnu aux salariés, il figure dans le préambule de la Constitution de mille neuf cent quarante-six. Faire grève, c'est un sacrifice : en général, on perd son salaire.

Léa

Un lycéen, lui, n'a ni contrat ni salaire. Il ne fait pas grève : il manifeste, il bloque son lycée, ou il sèche les cours. Ce n'est pas le même droit, et ce n'est pas le même coût.

Hugo

Donc la question qui dérange, c'est : si les lycéens ne risquent pas de salaire, pourquoi pèsent-ils autant dans le rapport de force ?

Léa

Premier élément de réponse : leur force, c'est la visibilité. Des lycées bloqués, des images de cortèges, de la tension. Ça met le sujet à la une, et ça inquiète.

Hugo

Deuxième élément : la peur de la jonction. Quand des jeunes qui protestent sont rejoints par des salariés qui font grève, le pouvoir sait que le mouvement peut s'élargir. Un syndicat, lui, a des moyens d'action qui coûtent cher à l'économie : bloquer des trains, fermer des écoles.

Léa

Donc d'un côté, la capacité de bloquer. De l'autre, la capacité d'émouvoir et de durer. Seules, ces forces sont limitées. Ensemble, elles inquiètent davantage.

Hugo

Et l'Histoire en offre un parallèle. En deux mille six, les étudiants et les lycéens, rejoints par les syndicats, se mobilisent contre le contrat première embauche, le CPE, un contrat de travail pour les jeunes. Le gouvernement finit par retirer le texte.

Léa

Mais attention aux différences. En deux mille six, il y avait un texte précis à retirer. Aujourd'hui, les revendications sont plus larges : les salaires, les services publics, le budget. Il est donc plus difficile de dire ce que serait une victoire.

Hugo

Et c'est tout l'enjeu du jour. D'après Le Monde, c'est le pari d'une convergence entre lycéens, étudiants, syndicats de salariés et une partie des gilets jaunes. Mais est-ce un seul mouvement, ou plusieurs qui se croisent ?

Léa

Chacun parle depuis sa position. Les syndicats parlent de pouvoir d'achat, le gouvernement d'ordre public, et les jeunes de leur propre avenir. Trois récits, trois priorités.

Léa

Deux autres infos à ne pas rater. Aux États-Unis, le vice-président, J. D. Vance, estime que la défaite des républicains aux élections de mi-mandat vient surtout de la guerre en Iran. Donald Trump dit que c'est largement vrai, parce que la guerre a fait monter le prix de l'essence, mais que, s'il fallait recommencer, il le referait.

Hugo

Résultat : le prix du pétrole est passé sous la barre des cent dollars le baril, selon le Financial Times, les marchés pariant sur une désescalade. C'est un pari, pas une certitude.

Léa

Et à Hong Kong, le militant prodémocratie Joshua Wong a été condamné à dix ans de prison de plus pour collusion avec des forces étrangères, au titre de la loi de sécurité nationale imposée par Pékin. Il est déjà détenu depuis six ans, et il avait plaidé coupable, selon le Guardian.

Hugo

Des organisations de défense des droits humains dénoncent une loi utilisée comme arme politique. Les articles que nous avons lus ne détaillent pas la réponse des autorités.

Léa

Trois idées à retenir. Un : faire grève est un droit des salariés, avec un coût ; manifester est une liberté, que tout le monde peut exercer, lycéen compris.

Hugo

Deux : un mouvement pèse plus quand ses forces se rejoignent. Mais plus ses revendications sont larges, plus il est difficile de dire ce qu'il a obtenu.

Léa

Trois : un chiffre de manifestants n'a de sens qu'avec sa source et son heure. Ce soir, le ministère de l'Intérieur et les syndicats donnent souvent des chiffres très différents.

Hugo

Et pour aller plus loin sur les élections américaines, un focus avec schémas, dans un format plus long, t'attend sur la chaîne YouTube de Boussole.

Léa

Question finale, Jade, et toi qui écoutes, réfléchis-y : si les syndicats et les lycéens obtiennent des choses différentes, peut-on encore dire qu'ils ont gagné ensemble ? La réponse arrive ce soir.