Pétrole cher, taux américains au plus haut : Ormuz pèse sur les marchés
Ce soir : la réponse américaine à l'Iran reste secrète, le pétrole reste autour de 100 dollars et les taux d'emprunt américains atteignent leur plus haut depuis 2007. On explique le lien, on revient sur l'Irak et la souveraineté, et on apprend à comparer deux chiffres.
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Un chiffre, pour commencer. Cinq virgule trois pour cent. C'est ce que l'État américain paie aujourd'hui pour emprunter de l'argent sur dix ans, et on n'avait pas vu ça depuis deux mille sept.
Cinq virgule trois ? Léa, attends, quel rapport avec la géopolitique ?
On y vient. Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Au programme ce soir : ce qui a bougé depuis ce matin, ce qu'il faut en comprendre, et la réponse à la question du jour.
Premier dossier, le détroit d'Ormuz. Ce matin, on disait que l'Iran avait reçu la réponse américaine à sa proposition, mais que personne ne connaissait son contenu.
Et ce soir ? On sait ce qu'il y avait dedans ?
Non. Toujours pas de contenu public. En revanche, on a entendu deux phrases. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, dit que son pays fera tout son possible pour mener les négociations à bien. Et Donald Trump affirme que la guerre prendra fin très bientôt.
Regarde la fin de sa phrase : d'une manière ou d'une autre. Ça n'exclut pas la force. Ce sont des mots, pas des actes, et trois navires ont été touchés mardi dans le détroit.
Et le pétrole, il réagit comment ?
Le baril de Brent, la référence mondiale, repart à la hausse, d'environ deux virgule six pour cent dans la journée, et reste autour de cent dollars, voire un peu au-dessus selon l'heure.
Et ça nous ramène à ton chiffre de départ.
Exactement. Ce taux de cinq virgule trois pour cent, c'est le taux d'intérêt : le prix que les prêteurs demandent à l'État américain pour lui prêter de l'argent. Quand il monte, c'est qu'ils veulent être mieux payés pour le risque. Là, c'est la plus forte hausse sur un trimestre depuis mille neuf cent quatre-vingt-quatorze.
Hypothèse, pas fait établi : un baril plus cher, c'est de l'inflation, donc des taux qui montent pour la freiner. Les Bourses européennes, elles, ont reculé.
Et l'Histoire, elle dit quoi ?
Les chocs pétroliers des années soixante-dix : l'inflation s'envole, et la banque centrale américaine, sous Paul Volcker, relève fortement ses taux. Ressemblance : un pétrole cher qui nourrit l'inflation. Différence : la dette américaine est aujourd'hui bien plus élevée.
Et il y a un calendrier : les élections américaines de mi-mandat, le trois novembre. Un coût de la vie qui grimpe pèse sur les électeurs, donc Washington a intérêt à finir vite. L'Iran, dont la monnaie s'effondre, aussi. Deux camps sous pression.
Et l'Irak, dont on parlait ce matin ?
Aujourd'hui, c'est la Journée de la souveraineté, proclamée par le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi, au lendemain du départ de la coalition conduite par les États-Unis. Pas d'attaque majeure signalée à cette heure, mais les milices proches de l'Iran gardent leurs armes.
Ce qui répond à la question du matin : partir en pleine guerre, n'est-ce pas le pire moment ?
Le calendrier a été fixé en deux mille vingt-quatre, avant la guerre. Le départ n'est donc pas une réaction à la crise. Mais la crise rend ce départ plus risqué : l'Irak est souverain sur le papier, il a le droit pour lui. Reste à savoir s'il a les moyens de défendre son ciel et de faire taire les armes des milices. Souveraineté en droit, ce n'est pas puissance dans les faits.
Un piège de lecture, maintenant. Ces derniers jours, on lisait que le trafic dans le détroit était à environ sept millions de barils par jour contre vingt avant la guerre. Et aujourd'hui, on lit que les exportations du Golfe sont presque revenues à leur niveau d'avant-guerre. Deux chiffres qui se contredisent ?
Pas forcément. Le premier compte ce qui passe par le détroit, le second ce qui sort du Golfe par tous les chemins. Peut-être par des oléoducs qui contournent Ormuz, mais c'est notre hypothèse, pas un fait confirmé. Le réflexe à garder : avant de comparer deux chiffres, vérifie qu'ils mesurent la même chose.
Et le Sénat ?
Gérard Larcher était le grand favori pour la présidence, mais nous n'avons pas de résultat confirmé par une source fiable, donc nous ne l'annonçons pas. Place au quiz du matin. Un : la souveraineté, c'est le pouvoir suprême d'un État sur son territoire et sa population. Jade avait vu juste. Piège fréquent : beaucoup confondent souveraineté et indépendance économique.
Deux : les Américains ont envahi l'Irak en deux mille trois. Pas en mille neuf cent quatre-vingt-onze, où il s'agissait de libérer le Koweït, ni en deux mille onze, qui est l'année du premier retrait.
Et trois : un bilan qui varie à Kiev. Parce que les décomptes évoluent dans la journée, parce que les sources ne comptent pas la même chose, morts confirmés ou disparus, et parce qu'on retrouve des corps sous les décombres.
Allez, trois idées à garder. Un : les mots des dirigeants ne sont pas des actes, attends les faits. Deux : un pétrole cher et des taux élevés pèsent sur toutes les économies. Trois : la souveraineté en droit n'est pas la puissance en fait.
Et pour demain, Jade, et toi qui écoutes, une question. Dimanche, les pays producteurs de pétrole de l'OPEP plus se réunissent et devraient maintenir leur production. Un cartel de pays producteurs peut-il vraiment fixer le prix du pétrole ? Réfléchis-y, on en parle demain.
À demain.