Diesel russe, primaire attaquée : qui fait respecter ce qu'on annonce ?
Après l'accord sur le diesel russe, une nouvelle frappe sur Zaporijia : fait établi ou lecture d'un acteur ? On décode aussi la primaire de la gauche, visée par une cyberattaque, et on corrige le quiz de la semaine.
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Vendredi, un accord pour acheter du diesel russe. Samedi, des bombes russes sur une ville ukrainienne. Est-ce que l'un a quelque chose à voir avec l'autre ?
C'est exactement la question qui divise ce soir. Et il faut faire attention à ce qu'on sait, et à ce qu'on affirme.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Reprenons les faits. Cette nuit, la Russie a lancé environ cent soixante drones sur l'Ukraine, selon l'armée de l'air ukrainienne, et des bombes guidées sont tombées sur des quartiers résidentiels de Zaporijia, dans le sud-est du pays. Au moins quinze personnes sont mortes là-bas, selon plusieurs médias, dont la BBC et le Kyiv Independent.
Et Kiev a aussi subi des coupures de courant massives.
Oui. Et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré que la Russie « exprimait ses remerciements » après l'accord de Donald Trump sur le diesel.
Attends, c'est une phrase très forte. C'est un fait ou une interprétation ?
C'est la lecture d'un des acteurs du conflit. Ce qui est établi, c'est la frappe et le bilan. Le lien de cause à effet, lui, relève de la parole de Zelensky. Pas d'une preuve.
Et l'accord en lui-même, rappelle-nous.
Hier, après un appel avec Vladimir Poutine, Donald Trump a annoncé que la Russie fournirait du diesel au marché américain et mondial. Washington a accordé une autorisation temporaire, qui suspend des sanctions sur ce carburant. Zelensky parle d'un investissement dans une guerre qu'il faut terminer, pas prolonger. Et le quotidien espagnol El País note que la Russie s'apprêtait déjà à prendre cette mesure quelques jours plus tôt.
Et les Européens ?
L'Allemagne dit travailler avec ses partenaires européens à de nouvelles sanctions contre Moscou. Donc les alliés ne vont pas dans la même direction. Retenons-le.
Passons à la France. La gauche vote depuis hier pour choisir son candidat à la présidentielle. Une primaire en ligne.
Cent quarante mille personnes sont inscrites, cinq candidats sont en lice, dont l'eurodéputé Raphaël Glucksmann et le patron du Parti socialiste, Olivier Faure. Et vendredi, la plateforme a subi une cyberattaque qui a ralenti les votes. Il n'y avait que vingt mille votants à la fin de la première journée.
Et aujourd'hui ?
Plus de quatre-vingt-dix mille votants, selon les organisateurs, donc plus de la moitié des inscrits. Le vote est prolongé jusqu'à demain, dimanche, dix-huit heures. Les organisateurs assurent que l'intégrité du scrutin n'est pas compromise.
Donc la question qui fait réfléchir, c'est : une élection qu'on peut perturber de l'extérieur reste-t-elle une élection comme les autres ?
C'est celle qu'on garde pour demain. Une démocratie, ce n'est pas seulement un vote. C'est un vote auquel les gens ont confiance. Et ça, c'est le thème un du programme.
Dernier fait : Navi Pillay, la Nobel de la paix, a qualifié d'« inacceptables » les sanctions américaines contre la Cour pénale internationale. Et Donald Trump a dit qu'il n'avait « jamais entendu parler » d'elle.
Le même sujet que ce matin dans le bilan. Un droit proclamé, mais sans police pour le faire respecter. Les sanctions n'entrent d'ailleurs en vigueur que dans six mois.
Ce qu'il faut en comprendre, alors ?
Un fil commun. Dans les trois dossiers, la même question : qui a les moyens de faire respecter ce qui est annoncé ? Un accord sur le diesel, un scrutin en ligne, une cour de justice. Annoncer est facile. Faire tenir, c'est une autre histoire.
Passons à la correction du quiz du bilan de ce matin. Dix questions. On commence par les pièges fréquents.
Premier piège : les trois réflexes devant un chiffre. Beaucoup n'en citent que deux. Il y a bien « selon qui ? », on se demande qui donne le chiffre et quel est son intérêt. Mais il y a aussi « qu'est-ce qu'on compte ? », et « à quel moment ? ». Deux cent cinquante-six mille manifestants selon l'Intérieur, quatre cent cinquante mille selon les organisateurs : ce ne sont pas les mêmes méthodes de comptage.
Deuxième piège : le déni d'accès. On le définit comme la capacité d'empêcher un adversaire d'entrer dans une zone, ou d'y circuler, en le menaçant. Mais il faut ajouter un point essentiel : on n'a pas besoin de contrôler la zone. C'est pour ça que c'est l'arme du plus faible.
Troisième piège : la souveraineté. Définition de Bodin : le pouvoir suprême d'un État sur son territoire. Mais pour l'illustrer, il faut un acte de pouvoir d'État. Par exemple, les États-Unis qui sanctionnent la Cour pénale internationale au nom de leur souveraineté. Un symbole de prestige, comme un prix, relève plutôt du soft power.
Et le soft power, justement : sur ce point, Jade avait vu juste. Un Nobel attire et fait rayonner, il ne contraint pas.
Et il y a eu de bonnes réponses sur Ormuz : la prime de risque et le marché mondial à prix unique.
Dernier point, la frontière Éthiopie-Érythrée. Il faut distinguer le confirmé du non confirmé. Confirmé : des images authentifiées montrent des soldats érythréens au Tigré, et l'Éthiopie répond par des frappes de drones. Non confirmé : le nombre de soldats, et le lien avec l'accès à la mer. Ça, c'est une hypothèse d'analyse.
Et pour la question de l'exercice sur les promesses : annoncée, financée, réalisée. Les trois mille remplaçants sont pour l'instant annoncés. Le test arrive le seize octobre.
Une question pour demain, alors. Une primaire en ligne attaquée par une cyberattaque, est-ce encore une élection comme une autre ?
Jade, et toi qui écoutes, réfléchissez-y. On en reparle demain, avec une méthode pour y répondre.