Riyad touchée : pourquoi un détroit du Yémen coûte cher à ton plein
Un missile houthi frappe l'aéroport de Riyad : douze morts et trois cent neuf blessés selon les autorités saoudiennes. Pourquoi le détroit de Bab el-Mandeb, au Yémen, compte pour le pétrole même si la France n'y passe pas ; acteurs non étatiques, Suez 1956 ; tour du monde Ukraine, primaire de la gauche, article 11 et Brésil.
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Un missile, un aéroport, et un détroit minuscule à plus de deux mille kilomètres de là qui peut faire monter le prix de ton plein. Hugo, comment ça se tient ?
Ça se tient, Léa, et c'est ce qu'on va démonter ce matin. Mais commence par les faits.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Samedi, vers quinze heures, un missile tiré par les Houthis a touché l'aéroport international de Riyad, la capitale de l'Arabie saoudite. Les Houthis, c'est un mouvement armé du Yémen, soutenu par l'Iran, qui tient la capitale yéménite, Sanaa.
Et le bilan est lourd.
Selon l'autorité saoudienne de l'aviation civile : douze morts, dont quatre Saoudiens et huit étrangers, et trois cent neuf blessés. C'est l'attaque la plus meurtrière dans le royaume depuis plus de dix ans, d'après plusieurs journaux. Et c'est la troisième contre cet aéroport en une semaine.
Bilan provisoire, donc, comme toujours. Mais ce qui est sûr, c'est que l'Arabie saoudite parle de crime de guerre et promet de répondre. Et que Donald Trump examine, à cette heure, s'il faut que les États-Unis rejoignent les frappes. Rien n'est décidé.
Pour comprendre, il faut remonter d'un mois. La guerre civile du Yémen avait connu environ quatre ans d'accalmie. Elle a repris en juillet. En septembre, les Houthis ont lancé une offensive éclair et pris la côte ouest du pays, y compris les abords du détroit de Bab el-Mandeb.
Bab el-Mandeb, il faut le placer sur la carte.
Imagine la mer Rouge, ce long couloir d'eau entre l'Afrique et l'Arabie. Au nord, elle débouche sur le canal de Suez, donc sur la Méditerranée et sur l'Europe. Au sud, elle se termine par un goulot d'à peine trente kilomètres de large : Bab el-Mandeb. D'un côté le Yémen, de l'autre Djibouti et l'Érythrée.
Et c'est la porte vers l'océan Indien.
Exactement. Début octobre, le gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, a lancé une contre-offensive. Samedi, la coalition saoudienne a annoncé une opération à grande échelle, avec plus de cent trente cibles détruites. Selon des sources militaires des deux camps, les combats autour du détroit ont fait au moins soixante-trois morts en vingt-quatre heures. Mais personne ne peut le vérifier de façon indépendante.
Et là, tu me vois venir, Hugo. Attends : pourquoi ça nous concerne ? La France ne s'approvisionne pas par là.
Bonne question, et la réponse est contre-intuitive. Rappelle-toi le détroit d'Ormuz, fermé ou presque. Quel est le plan B de l'Arabie saoudite pour exporter son pétrole ?
Un oléoduc qui traverse le pays et débouche sur la mer Rouge, sur la côte ouest.
Voilà. Le plan B d'un goulet d'étranglement passe donc par la mer Rouge. Et pour aller de la mer Rouge vers l'Asie, il faut franchir quoi ?
Bab el-Mandeb. Donc si on déstabilise ce détroit, on fragilise le contournement du premier.
C'est ça. Quand les navires évitent la zone, ils font le tour de l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance : plus long, plus cher. D'après le journal israélien Haaretz, le coût du transport d'un pétrolier a été multiplié par neuf et atteint un niveau jamais vu depuis les années mille neuf cent soixante. À cela s'ajoute l'assurance, qui renchérit dans une zone dangereuse.
Et ce coût de transport finit dans le prix des carburants, mais aussi dans celui de tout ce qui voyage par bateau.
Oui. Et rappelle-toi la prime de risque : le marché paie la peur. Précision honnête : on n'a pas de chiffre fiable du baril ce matin, donc on explique le mécanisme sans annoncer d'effet précis.
Est-ce que l'Histoire a déjà connu ça ?
Deux fois. En mille neuf cent cinquante-six, la crise de Suez : le canal est bloqué, l'Europe rationne l'essence. Et en deux mille vingt-trois et vingt-quatre, déjà, les Houthis attaquaient des navires en mer Rouge, ce qui avait poussé les armateurs à contourner l'Afrique.
Quelle différence avec aujourd'hui ?
En cinquante-six, c'est un État, l'Égypte, qui ferme un canal. Là, c'est un mouvement armé, pas un État, qui frappe l'aéroport d'une capitale. On parle d'acteur non étatique : un groupe qui pèse sur la scène internationale sans être un pays. C'est au cœur du thème deux du programme, les dynamiques des puissances, et du thème trois, car contrôler un passage, c'est une manière de contrôler une frontière maritime.
Pour la suite, on distingue trois scénarios, et ce sont des hypothèses : l'escalade, si les États-Unis entrent dans le jeu ; l'enlisement autour du détroit ; ou une trêve négociée. Aucun n'est écrit.
Passons au tour du monde, très vite. D'abord l'Ukraine. Samedi soir, Donald Trump a déclaré qu'il était temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président, après que Volodymyr Zelensky a critiqué l'accord sur le diesel russe.
Le même jour, une attaque russe à Zaporijia a fait au moins vingt morts, dont trois enfants, selon la BBC et France 24. Le bilan est donc passé de quinze à vingt.
Et la question pour le programme : qui choisit les dirigeants d'un pays ? Sa population. C'est le principe de souveraineté, qu'on a vu cette semaine.
En France, la primaire de la gauche se termine ce soir à dix-huit heures. Plus de cent mille votants sur cent quarante mille inscrits, après la cyberattaque de vendredi. Les résultats sont attendus ce soir.
Et un débat arrive dans la campagne présidentielle : l'article onze de la Constitution, qui encadre le référendum. Selon Le Monde, Bruno Retailleau et Marine Le Pen veulent le réécrire pour pouvoir consulter les Français sur l'immigration ou le voile. Leurs partisans disent : laissons le peuple trancher. Leurs critiques répondent que certains droits fondamentaux ne se votent pas. C'est un débat à suivre, sans prendre parti.
Dernier point, le Brésil : second tour le vingt-cinq octobre, avec Flavio Bolsonaro donné favori face à Lula, selon El País. Et l'équipe de Lula accuse Meta, la maison mère de Facebook et d'Instagram, d'interférences. Meta n'a pas, dans nos sources, répondu : c'est une accusation, pas un fait établi.
Trois idées à retenir. Un : un détroit compte aussi pour ce qu'il protège, le plan B d'un autre. Deux : un mouvement armé non étatique peut peser comme une puissance. Trois : devant un bilan de guerre, demande toujours qui le donne et s'il est vérifiable.
Et pour réfléchir, toi qui écoutes : si les prix du transport s'envolent, qui paie en premier, l'Europe ou l'Asie ? La réponse arrive ce soir.