Matignon : une réunion sans mesure, un échec ?
Les syndicats sortent déçus de Matignon et la CGT appelle à la grève à partir du 5 novembre. Macron dénonce des commentaires « stupides » de dirigeants étrangers sur le 17 octobre, sans les nommer. Et en Ukraine, Moscou se dit prête à reprendre les pourparlers à trois après le 10 novembre.
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Une réunion de deux heures et demie à Matignon, et personne n'en sort satisfait. Alors, question : à quoi sert une négociation dont tout le monde ressort déçu ?
Attends, c'est un échec, non ?
C'est justement ce qu'on va regarder, parce que la réponse dépend de la personne à qui tu poses la question.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Nous sommes mercredi vingt et un octobre, il est dix-sept heures. Jade, et toi qui écoutes, reprenons depuis ce matin. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a reçu les cinq syndicats. Sophie Binet, la patronne de la CGT, affirme qu'il n'a annoncé aucune mesure.
Et la CGT en tire quelle conséquence ?
Elle appelle à généraliser la grève à partir du cinq novembre. Du côté de la CFDT, Marylise Léon estime que le gouvernement n'est pas vraiment dans le tempo. Dans les deux cas, déçus.
Et le gouvernement, il dit quoi ?
D'après Libération, le ministre de l'Éducation nationale annonce une première série de décisions en début de semaine prochaine. Et demain, Lecornu reçoit les maires de Paris, Lyon et Marseille, puis les partis politiques.
Donc une réunion sans mesure, ça peut quand même servir ?
Voilà la question qui dérange. Attention, ce qui suit, c'est de l'analyse, pas un fait. Pour les syndicats, sortir déçus est cohérent : sans réponse, ils justifient un cran de plus, la grève. Pour le gouvernement, recevoir tout le monde montre qu'il dialogue, et lui laisse quelques jours avant de décider. Chacun écrit son récit pour l'opinion, avant samedi.
Et les lycéens, dans tout ça ? Ils n'étaient pas à la table ce matin.
C'est le vrai problème d'un mouvement sans chef : à qui parler ? Les syndicats ne représentent ni les lycéens, ni les gilets jaunes qui ont rejoint les cortèges.
Ça rappelle quelque chose, non ?
Mai mille neuf cent soixante-huit. Les accords de Grenelle : le gouvernement, le patronat et les syndicats négocient, et le salaire minimum augmente de trente-cinq pour cent. Mais à l'usine Renault de Billancourt, les ouvriers rejettent l'accord et la grève continue. La ressemblance : on négocie avec les syndicats pendant que la rue va plus loin. La différence : en soixante-huit, il y avait un accord, et c'est la base qui l'a refusé. Aujourd'hui, les syndicats sortent sans accord à signer.
Et cette nuit ? Les couvre-feux ?
Reconduits ce soir dans certains secteurs de Paris et de Lyon, et jusqu'à la fin de la semaine à Nice, Bordeaux et Toulouse. Pour samedi vingt-quatre octobre, des interdictions de manifester, des blindés et des militaires de l'opération Sentinelle sont envisagés, selon La Croix, mais rien n'est décidé. Emmanuel Macron, lui, dit depuis le Qatar que la situation ne requiert pas l'état d'urgence, et que les inquiétudes de la jeunesse sont légitimes.
Justement, Macron était au Qatar, et il a lâché une phrase assez dure sur l'étranger.
Oui. Il a dénoncé des commentaires inacceptables, autant que stupides, de dirigeants étrangers en campagne. Il parle aussi d'une manipulation étrangère de l'information. Mais il n'a nommé personne.
Donc on ne sait pas de qui il parle ?
La BBC, franceinfo et L'Opinion y voient une allusion à Donald Trump et à Benjamin Netanyahu, qui ont chacun un scrutin dans les semaines qui viennent. C'est leur lecture, pas une citation. Et tu te souviens de la question de ce matin : récupération ou ingérence ?
Récupération, c'est public, à visage découvert. Ingérence, c'est caché.
Exactement. Des commentaires publics de dirigeants, ça ressemble à de la récupération. La manipulation de l'information dont parle Macron serait autre chose, et à ce stade, aucune de nos sources ne précise laquelle.
Au passage, regarde les titres. Le Monde écrit « dirigeants étrangers ». Le Financial Times met directement « Trump » dans le sien.
C'est le réflexe d'esprit critique du jour : distinguer ce qui est dit, ce que les journalistes en déduisent, et ce qui est prouvé.
Passons à l'Ukraine.
Steve Witkoff, l'émissaire de Donald Trump, a rencontré Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg. Poutine a annoncé la libération d'un Américain détenu depuis plus de quatre ans, Stephen Hubbard, et Trump assure que c'est sans contrepartie. Et selon un conseiller du Kremlin, la Russie est prête, en principe, à reprendre les discussions à trois, avec les États-Unis et l'Ukraine, après le dix novembre. Mais Moscou voit peu d'utile dans les propositions de Kiev et des Européens.
Donc un geste, mais pas de percée.
Libérer un prisonnier coûte peu et achète de la bonne volonté, comme le note le New York Times. Le fond, le sort du Donbass, reste bloqué.
Et le quiz de ce matin ?
Première question : un dirigeant étranger cite les images du dix-sept octobre dans un discours, récupération ou ingérence ? Récupération : il agit en public. Une ingérence suppose une opération cachée, avec de faux comptes ou de fausses vidéos. Beaucoup de gens mélangent les deux mots, alors qu'ils désignent des choses très différentes.
Deuxième question : pourquoi ne peut-on pas dire que la Russie a provoqué les violences ?
Parce qu'une ingérence exploite un événement qui existe déjà, elle ne le crée pas. Que des fausses informations circulent ne prouve pas qu'elles aient déclenché quoi que ce soit.
Troisième : pourquoi un cas d'Ebola à Abuja inquiète-t-il plus qu'un cas isolé ?
Abuja est dans le pays le plus peuplé d'Afrique, et c'est un carrefour aérien. Plus de monde, plus de liaisons, donc plus de contacts à suivre : quarante-quatre pour l'instant.
Allez, la question pour demain.
Après les syndicats, Lecornu reçoit demain les maires, puis les partis. Jade, et toi qui écoutes, réfléchis-y : quand un mouvement n'a pas de chef, qui est le bon interlocuteur ? Réponse demain matin.
À demain !