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Matin5 min 37Jérusalempar Professeur Boussole

Israël : le premier parti a-t-il gagné ?

Au lendemain des législatives israéliennes, aucun camp n'a la majorité selon les estimations. Pourquoi arriver en tête ne suffit pas à gouverner, ce que sont les résultats provisoires, et deux autres actus : la trêve d'Olechky en Ukraine et la fermeture d'un média indépendant en Égypte.

Transcription

Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.

Léa

Hugo, en Israël, le parti de Netanyahou est arrivé premier. Et pourtant, il n'a peut-être pas gagné. Comment peut-on être premier sans gagner ?

Hugo

Parce qu'en politique, être le plus gros ne suffit pas. Il faut être le plus rassembleur. Et c'est ce qu'on décode ce matin.

Léa

Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.

Hugo

Jade, et toi qui écoutes, on est mercredi vingt-huit octobre. Hier, les Israéliens ont voté pour renouveler leur Parlement, la Knesset, qui compte cent vingt sièges. Et la participation a été très forte, la plus haute depuis des décennies, selon le Financial Times.

Léa

Les premières estimations, réalisées à la sortie des urnes, ne donnent de majorité à personne. Selon Le Monde et franceinfo, le camp du centriste Gadi Eisenkot serait légèrement devant celui de Benyamin Netanyahou, avec cinquante-deux ou cinquante-trois sièges contre cinquante.

Hugo

Mais attention, les trois grandes chaînes de télévision israéliennes ne disent pas toutes la même chose. Selon Le Figaro, deux d'entre elles donnent les deux camps à égalité. Et le dépouillement des vrais bulletins a commencé : avec un tiers des bulletins comptés, Le Monde, citant le journal israélien Haaretz, évoquait cinquante-sept sièges pour le camp Netanyahou et quarante-sept pour l'opposition.

Léa

Donc, premier réflexe de lecteur averti : une estimation à la sortie des urnes n'est pas un résultat. C'est un sondage, réalisé auprès de gens qui sortent du bureau de vote, et il peut se tromper de plusieurs sièges. Les résultats définitifs sont donc encore à venir.

Hugo

Et ce que tout le monde confirme, c'est que le Likoud, le parti de Netanyahou, reste le premier parti, mais en recul. Selon El País, il tomberait de trente-deux à vingt-sept sièges.

Léa

Alors, où est la clé ? Il y a un troisième acteur : les partis arabes israéliens. Selon Haaretz, ils pourraient obtenir jusqu'à dix-neuf sièges, presque le double de leur score précédent. C'est un résultat historique, d'après Le Monde et Le Temps.

Hugo

Et là, c'est un casse-tête. Pour gouverner, il faut soixante et un sièges. Aucun des deux grands camps n'y arrive seul. Sur le papier, l'opposition et les partis arabes dépasseraient ce seuil.

Léa

Mais Netanyahou appelle la majorité juive et sioniste à s'unir et refuse tout pacte avec les partis arabes, selon Le Figaro et El País. De son côté, Eisenkot veut former un gouvernement et s'oppose à de nouvelles élections, selon Le Figaro. Et un autre dirigeant de l'opposition, Naftali Bennett, exclut de dépendre de ces partis, selon Haaretz.

Hugo

Pourtant, le chef de l'un de ces partis arabes, Mansour Abbas, affirme que sa formation peut aider l'opposition à renverser Netanyahou, toujours selon Haaretz. Ce sont des déclarations, pas encore des accords.

Léa

Alors, qui décide ? Pas les électeurs, une fois le vote terminé. Le président de l'État choisit un député chargé de former une coalition, en général celui qui paraît capable de rassembler soixante et un sièges. Ce n'est pas forcément le chef du premier parti.

Hugo

C'est la question qui dérange, et la réponse est contre-intuitive : en proportionnelle, gagner, ce n'est pas arriver premier. C'est réussir à additionner des alliés. Netanyahou peut avoir le plus gros parti et ne pas trouver soixante et un sièges.

Léa

Un précédent éclaire cela. En deux mille dix-neuf, lors de l'une des élections de la série de cinq scrutins en moins de quatre ans, le parti de Benny Gantz a fini devant celui de Netanyahou. Pourtant, ni l'un ni l'autre n'a réussi à former un gouvernement. Et en deux mille vingt et un, une coalition très hétéroclite s'est formée, avec pour la première fois un parti arabe au gouvernement. Elle n'a duré qu'un an.

Hugo

La différence avec aujourd'hui : cette fois, la participation record et le poids des partis arabes rebattent les cartes d'une autre façon. On en reparle quand les résultats seront définitifs.

Léa

Côté programme, on est en plein Thème un, comprendre un régime politique, la démocratie. Un résultat, ce n'est pas seulement des voix, c'est aussi des règles pour transformer les voix en gouvernement. Et un peu de Thème quatre, s'informer avec un regard critique : un chiffre provisoire n'est pas un chiffre final.

Hugo

Passons au tour du monde. En Ukraine, une trêve locale a commencé hier autour d'Olechky, une ville du sud sous occupation russe, au bord du Dniepr, en face de Kherson. Elle doit durer six jours, selon Le Temps, pour permettre d'apporter de l'aide et d'évacuer les habitants. Les habitants manquent d'électricité, de gaz et d'eau depuis trois ans, d'après la BBC.

Léa

C'est la première dame américaine, Melania Trump, qui a annoncé cet accord, selon France 24, et la Russie refuse toujours un cessez-le-feu général. La BBC rapporte que, pour l'instant, aucune violation n'a été signalée, et la trêve a été étendue à l'ensemble de la région de Kherson, selon les autorités. Un journal ukrainien, le Kyiv Independent, avertit pourtant que ces civils ne doivent pas devenir un outil de propagande russe.

Hugo

Et en Égypte, un tribunal a ordonné la fermeture du site d'information indépendant Mada Masr et condamné sa directrice, Lina Attalah, à une amende d'environ quarante-neuf mille euros, pour l'avoir exploité sans licence, selon Le Monde. Elle a été libérée après paiement. L'organisation Amnesty International parle, selon la BBC, d'un coup très dur porté à la liberté de la presse.

Léa

Le lien avec le programme, Thème quatre : un État n'a pas besoin de censurer ouvertement. Il peut exiger une licence, puis fermer au nom de la loi. Les autorités n'ont pas été citées dans ce que nous avons lu, donc on ne rapporte pas leur version ici.

Hugo

Trois idées à retenir. Un : une estimation à la sortie des urnes n'est pas un résultat. Deux : être le premier parti ne garantit pas de gouverner, il faut soixante et un sièges. Trois : en Israël, les partis arabes sont devenus une clé de l'après-vote.

Léa

Et une question pour toi, Jade, et pour toi qui écoutes. Si le plus gros parti ne peut pas gouverner, faut-il changer de règles ou changer d'alliés ? Réfléchis-y, la réponse arrive ce soir.