Israël vote : un résultat serré, qui le déclare ?
Participation record en Israël, où les résultats ne sont pas encore connus ; au Brésil, le parti de Flávio Bolsonaro reconnaît la victoire de Lula mais pas lui ; frappes jordaniennes en Syrie. Qui arbitre une élection, et comment lire des bilans contradictoires ?
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Hugo, une élection où la moitié du pays a déjà voté à midi, et où on ne connaît encore aucun résultat. C'est la situation en Israël cet après-midi.
Et pendant ce temps, au Brésil, un parti reconnaît la défaite que son candidat n'a toujours pas reconnue.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Jade, et toi qui écoutes, on est mardi vingt-sept octobre, il est dix-sept heures. Commençons par Israël.
Ce matin, on expliquait qu'en Israël on vote pour des listes, et qu'il faut soixante et un sièges sur cent vingt pour gouverner. Depuis, première information : la participation. À la mi-journée, quarante-quatre virgule neuf pour cent des inscrits avaient voté, soit plus de trois millions de personnes. D'après la commission électorale, dans une dépêche reprise par Libération, c'est le plus haut niveau depuis que les relevés existent, en mille neuf cent soixante-treize.
Et ça veut dire quoi, une participation record ?
Que les deux camps mobilisent à fond. Et on le voit : le Likoud, le parti de Benyamin Netanyahou, a déposé une requête pour prolonger l'ouverture des bureaux de vote au-delà de vingt-deux heures, heure locale, soit vingt et une heures à Paris. C'est ce que rapportent Le Monde et France 24.
Autre information, plus lourde. Le parti de Gadi Eisenkot, le principal rival, accuse Netanyahou de se préparer à contester les résultats, selon Le Figaro.
Attention : c'est une accusation d'un camp contre l'autre. À cette heure, nous n'avons pas la réponse du Likoud dans notre revue de presse, donc on la rapporte comme une accusation, pas comme un fait.
Retiens ça, Jade : les résultats arriveront ce soir, après la fermeture des bureaux, et ils seront partiels. On ne retient que ce que plusieurs médias confirment.
Direction le Brésil. Hier soir, on disait que Flávio Bolsonaro refusait de reconnaître l'élection. Précision utile aujourd'hui : son parti, le Parti libéral, a officiellement reconnu la réélection de Lula, selon La Croix, la radio télévision suisse et la radio publique américaine NPR. Mais lui n'a toujours pas admis sa défaite.
Donc deux positions différentes dans le même camp.
Exactement. Et l'actualité judiciaire avance : un juge de la Cour suprême a ouvert une enquête pour savoir si la campagne de Flávio Bolsonaro a reçu un financement étranger, notamment d'un groupe conservateur américain, selon Le Monde. Il a aussi ordonné le retrait de ses passeports, d'après l'agence reprise par La Libre Belgique.
Là, prudence. Une enquête, ce n'est pas une condamnation.
Tout à fait. Il est présumé innocent, et nous n'avons pas, à cette heure, sa réponse. Le journal espagnol El País affirme même qu'on ignore où il se trouve, mais c'est une source unique : on ne le tient pas pour établi. Et le président américain Donald Trump qualifie le vote de truqué, sans avancer de preuve, rapporte NPR.
Et en Jordanie, la suite de l'attaque contre l'église de vendredi, qui a fait neuf morts.
La Jordanie dit avoir tué plus de vingt combattants du groupe État islamique lors de frappes dans le sud de la Syrie. Damas, de son côté, recense sept morts civils et dénonce une violation inacceptable de sa souveraineté, selon RFI et la radio télévision suisse. Deux bilans, deux versions : on donne les deux, avec leur auteur.
Et pour finir ce tour d'horizon, une nouvelle qui parlera aux amateurs de musique : les Pays-Bas se retirent de l'Eurovision de deux mille vingt-sept, à cause de la participation d'Israël, selon la BBC et franceinfo.
Passons à ce qu'il faut en comprendre. Regarde la différence entre le Brésil et Israël aujourd'hui. Au Brésil, le résultat est connu, et la question est : le perdant l'accepte-t-il ? En Israël, le résultat n'est pas connu, et la question est : qui le déclarera, et comment ?
Dans les deux cas, ce sont les règles et les arbitres qui comptent : la commission électorale, la Cour suprême, la presse.
Voilà. C'est le thème un du programme : une démocratie ne repose pas seulement sur le vote, mais sur ce qui se passe avant, pendant et après.
Réponse à la question du matin : pourquoi peut-on voter un mardi et ne pas avoir de gouvernement avant des semaines ?
Parce que, à la proportionnelle, aucun parti n'a seul soixante et un sièges. Après le vote, le président de l'État charge un député de bâtir une coalition, et il faut négocier, parfois longtemps. Entre deux mille dix-neuf et deux mille vingt-deux, Israël a voté cinq fois sans majorité stable.
Un mot sur le quiz du matin. Premier piège fréquent : répondre « il faut une coalition » sans dire pourquoi. La raison, c'est la proportionnelle, et le fait qu'aucun parti n'a eu soixante et un sièges depuis mille neuf cent quarante-huit.
Deuxième : confondre les deux scrutins. Proportionnelle, les sièges suivent les voix, comme en Israël. Majoritaire, le premier l'emporte, comme aux législatives françaises.
Troisième : l'information sur le Likoud qui filmerait des électeurs arabes. Ce qu'on peut affirmer : le journal israélien Haaretz le rapporte. Ce qu'on ne peut pas affirmer : que c'est vrai. Ce soir, nous n'avons toujours pas de seconde source. Une accusation d'une seule source reste une piste à vérifier.
Demain, on saura sans doute qui est en tête en Israël. Et la question, Jade, et toi qui écoutes : si le résultat est très serré, qui a le droit de dire qui a gagné ?
À demain.