SMIC : le gouvernement ouvre la porte, mais n'a rien décidé
Depuis ce matin, le ministre du Travail juge important de franchir la barre des 1 500 euros net pour le SMIC. Ouvrir la porte, est-ce décider ? On décode le coup de pouce, les branches professionnelles et le tassement des salaires, avec un parallèle de 2018. Aussi : la condamnation de l'opposant tanzanien Tundu Lissu et le voyage du pape.
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Ce matin, la question était : pourquoi manifester pour une hausse qui arrive de toute façon ? Et ce soir, le gouvernement commence à répondre.
Ça tombe bien, parce que la réponse tient en trois mots : automatique n'est pas suffisant. On t'explique.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la spé histoire-géo, géopolitique et sciences po. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Jade, et toi qui écoutes, première nouveauté depuis ce matin : le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré sur TF1 qu'il jugeait important d'essayer de franchir la barre des quinze cents euros net par mois pour le SMIC.
Selon Le Monde, le gouvernement anticipe même une hausse avant la revalorisation automatique du premier janvier. Et selon Libération, un coup de pouce semble sur la table, mais son ampleur risque de décevoir les syndicats.
Rappelle-toi : le coup de pouce, c'est la hausse supplémentaire, décidée politiquement. Donc ce soir, on est passé de « le gouvernement hésite » à « le gouvernement ouvre la porte ».
Mais attention aux mots. Ouvrir la porte, ce n'est pas entrer dans la pièce. Rien n'est annoncé officiellement, ni le montant, ni la date. Tout se jouera lundi, à la conférence sociale à Matignon.
Autre information, donnée par Le Figaro seulement pour l'instant : le gouvernement préparerait un décret pour pousser les branches professionnelles à relever leurs salaires minimums. À confirmer, donc.
Attends, c'est quoi, une branche ?
C'est un grand secteur d'activité, la restauration, la métallurgie, le commerce. Chaque branche négocie ses propres grilles de salaires. Et certaines ont des salaires de base inférieurs au SMIC, ce qui est une anomalie.
Et c'est là que revient le mot de ce matin : le tassement. Quand le plancher monte, les salaires juste au-dessus sont rattrapés, et l'écart fond. Le Figaro relie justement cette anomalie au tassement des rémunérations.
Dernier point sur ce dossier : selon Le Figaro, des gilets jaunes appellent à un rassemblement place de la Concorde, à Paris, samedi. Pour l'instant, c'est un appel, on ne sait pas combien de personnes viendront.
Alors, qui gagne, qui perd, si le coup de pouce est confirmé ? Ce sont des hypothèses, pas des faits.
Les salariés payés au minimum y gagneraient. Les petites entreprises auraient une dépense en plus, puisque c'est l'employeur qui paie. Et les syndicats, eux, diront peut-être que c'est trop peu.
Et le gouvernement ? Il gagne du temps et il essaie de calmer la rue avant l'élection présidentielle, dans six mois.
Ça rappelle quelque chose. En décembre deux mille dix-huit, après les gilets jaunes, le gouvernement avait annoncé une hausse de cent euros par mois pour les salariés au SMIC. Mais elle passait par la prime d'activité, versée par l'État, pas par les employeurs.
Ça montre qu'il y a plusieurs façons de répondre à la même colère : augmenter le salaire lui-même, ou compléter le revenu par une aide. Les deux n'ont pas le même coût, ni pour qui.
Allez, la correction du quiz de ce matin. Première question : un coup de pouce au SMIC, c'est quoi ?
Une hausse supplémentaire, décidée par le gouvernement, en plus de la hausse automatique liée aux prix. Beaucoup confondent les deux.
Deuxième question : les partenaires sociaux. Ce sont les syndicats de salariés et les organisations d'employeurs. Et une conférence sociale discute, elle ne décide pas : c'est ensuite au gouvernement ou au Parlement de trancher.
Troisième question : près d'un tiers des catholiques du monde vivent en Amérique latine, d'après La Croix. Et la visite d'un pape est aussi un acte diplomatique, parce qu'il est à la fois chef religieux et chef d'État, celui du Vatican.
Ça te rappelle le thème cinq du programme, sur les relations entre États et religions. Le pape s'est envolé aujourd'hui vers l'Uruguay, puis l'Argentine dimanche.
Un mot sur le reste du monde. En Tanzanie, l'opposant Tundu Lissu a été condamné à quatre ans de prison pour incitation, mais acquitté de trahison, selon la BBC, la Deutsche Welle et RFI. Il dénonce des accusations politiques.
Il encourait la peine de mort pour trahison. C'est un cas d'école pour le thème un : comment juge-t-on un opposant dans un régime qui se dit démocratique ?
En Ukraine, on parle encore de la frappe sur Komyshuvakha, dans la région de Zaporijjia. Le bilan, provisoire, dépasse cinquante morts selon la presse. À confirmer avec les autorités.
Et en Espagne, la campagne pour les élections législatives du vingt-neuf novembre démarre. On en reparlera.
Voilà pour ce soir. Et demain, c'est samedi : le grand bilan de la semaine.
Question pour demain, Jade, et toi qui écoutes : en une semaine, on a parlé d'élections américaines, de grève, de pape. Qu'est-ce que ces événements ont en commun ?
On en parle demain matin.