Metz, le Sénat et le bras de fer budgétaire
Le pape Léon XIV termine son voyage en France à Metz par un discours marquant sur l'Europe et la paix. Pendant ce temps, le Rassemblement national franchit une étape historique aux élections sénatoriales, et le bras de fer sur le budget 2027 reste bloqué à quelques jours du dépôt du texte.
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Une question toute simple pour commencer, Hugo : quand un pays change de gouvernement à chaque crise budgétaire, c'est un signe de faiblesse... ou de force ?
Bonne question pour ce soir, justement.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et cet épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Commençons par ce qui a vraiment bougé depuis ce matin. D'abord, le pape Léon quatorze a terminé son voyage en France, à Metz.
Un discours fort, au Centre des congrès Robert-Schuman, devant Emmanuel Macron et plusieurs chefs d'État européens. Il a dit qu'on ne pouvait pas parler d'Europe sans évoquer le christianisme.
Et il a aussi dénoncé, je cite, des massacres inutiles, en parlant du retour de la guerre sur le continent, qui fait chaque jour d'innombrables victimes civiles.
Une allusion directe à l'Ukraine, sans la nommer forcément. Il a aussi appelé à un vrai accueil des migrants, et devant des représentants d'autres religions, à désarmer les cœurs et les mots.
Ensuite, messe à la cathédrale de Metz, et voilà, le voyage est terminé : Paris, Lourdes, puis Metz.
Côté budget, en revanche, rien n'a bougé depuis ce matin. Olivier Faure, le chef du Parti socialiste, a redit ce week-end ce qu'il reproche au texte de Sébastien Lecornu : la désindexation des pensions de retraite sur l'inflation, le gel de certaines prestations, et une menace sur l'abattement fiscal dont bénéficient les retraités.
Aucune nouvelle rencontre prévue avant mercredi, jour du dépôt officiel du budget.
Sur l'Iran, pas de frappes, mais toujours pas d'accord non plus : Téhéran maintient ses conditions, que Donald Trump a rejetées. Résultat immédiat : le prix du pétrole a grimpé de plus de deux pour cent aujourd'hui.
Exactement le mécanisme qu'on avait expliqué vendredi : la moindre tension sur Ormuz, et le prix mondial du pétrole réagit aussitôt, même sans qu'un seul baril ne change de main.
Et puis il y a une actu qu'on n'avait pas du tout ce matin : les élections sénatoriales, qui ont eu lieu hier en France.
Le Sénat, c'est la deuxième chambre du Parlement français, à côté de l'Assemblée nationale. Hier, la moitié de ses sièges étaient renouvelés.
Et le résultat marquant, c'est que le Rassemblement national parvient, pour la première fois de son histoire, à constituer un groupe au Sénat.
Pourquoi c'est si difficile d'habitude, pour un parti comme le sien ?
Parce que les sénateurs ne sont pas élus directement par les Français, mais par environ quatre-vingt-treize mille grands électeurs : des élus locaux, en très grande majorité des conseillers municipaux, souvent dans de petites communes rurales.
Un scrutin indirect, donc.
Voilà, et ce mode de scrutin a toujours favorisé la droite et le centre, très implantés dans ces territoires. Si le Rassemblement national réussit malgré tout à passer la barre des dix élus nécessaires pour former un groupe, c'est le signe d'un ancrage local qui progresse, au-delà de son électorat national habituel.
Est-ce que ça change le rapport de force sur le budget ?
Pas vraiment : la majorité de droite et du centre reste stable au Sénat dans l'ensemble, et de toute façon, le Sénat vote après l'Assemblée nationale.
Et le discours du pape à Metz, ça rejoint quel fil qu'on suit depuis Lourdes ?
Exactement le même : le Vatican n'a ni armée, ni pouvoir de contrainte, mais il pèse sur les débats européens par son autorité morale. Parler de paix et de migrations à Metz, la ville de Robert Schuman, un des fondateurs de l'Union européenne, ce n'est pas un hasard de calendrier.
Bon, revenons à notre question du début. Un gouvernement qui change à chaque crise budgétaire, c'est une preuve de faiblesse, ou de force ?
Les deux sont vrais, en fait, et c'est ça qui est intéressant. L'instabilité a un coût réel : ça ralentit les réformes, ça inquiète les marchés financiers, ça complique la vie quotidienne du pays.
Mais ?
Mais le fait même qu'un gouvernement puisse tomber par un vote, et pas par la force ou un coup d'État, c'est justement la preuve que les contre-pouvoirs fonctionnent. La Constitution a prévu ce mécanisme exprès : la motion de censure existe pour que les députés puissent dire non à un gouvernement.
Donc instabilité et démocratie qui fonctionne, ce n'est pas contradictoire.
Non, c'est même souvent le prix à payer pour une Assemblée qui reflète vraiment un pays divisé en trois blocs, plutôt qu'une majorité artificiellement fabriquée.
Petite correction du quiz de ce matin, maintenant. Jade, sans faute aujourd'hui, bravo !
Sur le quarante-neuf trois, sur la majorité absolue à deux cent quatre-vingt-neuf sièges... et sur Ormuz, une belle intuition sur l'offre et la demande.
Juste un point à affiner : ce n'est pas tellement que les pays producteurs augmentent leurs prix un par un. C'est que le pétrole se négocie sur un seul marché mondial, avec un prix de référence.
Le fameux Brent. Et la moindre peur de pénurie, comme un blocage d'Ormuz, fait grimper ce prix de référence partout dans le monde, même pour le pétrole que la France achète ailleurs.
S'ajoutent ensuite le coût du raffinage, le fait que le pétrole s'achète en dollars, et les taxes françaises sur les carburants.
Trois idées à retenir avant de filer. Un : le pape termine son voyage sur un discours géopolitique fort, à Metz. Deux : le Rassemblement national franchit une étape historique au Sénat, grâce à un scrutin très particulier. Trois : sur le budget, c'est toujours le calme avant la tempête, rendez-vous mercredi.
Et pour demain, une question à se poser, toi qui nous écoutes : est-ce que le Sénat, avec sa majorité stable, peut servir de rempart si l'Assemblée s'enflamme sur le budget ?
On creuse ça très vite. À demain !