Ormuz : le trafic remonte, pourquoi le baril reste cher
Le trafic remonte dans le détroit d'Ormuz, mais le Brent reste autour de cent cinq dollars : la prime de risque expliquée. Le Qatar en médiateur, nouvelle nuit de frappes sur Kiev et Macron en Espagne face aux réseaux sociaux.
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Léa, une question pour toi : comment le prix du pétrole peut-il rester très haut alors que de plus en plus de bateaux passent dans le détroit d'Ormuz ?
Ha, c'est exactement le paradoxe du jour, Hugo. Et on va le démonter ensemble.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Jade, et toi qui écoutes, c'est le briefing du soir. On regarde ce qui a bougé depuis ce matin.
Premier dossier, l'Iran. Ce matin, on te disait que Donald Trump avait rejeté le plan iranien, mais que des messages circulaient quand même par des médiateurs qataris.
Et depuis, pas de percée. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, disait attendre aujourd'hui une réponse américaine officielle à ses conditions. Réouvrir le détroit en sept jours, oui, mais en échange de la levée du blocus naval, d'un allègement des sanctions sur le pétrole iranien et d'un cessez-le-feu.
Et côté ambiance, selon l'agence Bloomberg, des responsables iraniens se disent en privé pessimistes sur les chances d'un accord. À cette heure, rien n'est confirmé de plus.
Attends, Hugo, et le trafic ? Parce que les Américains disaient qu'il remontait.
Il remonte, c'est vrai. Les exportations de pétrole du Moyen-Orient ont atteint douze virgule huit millions de barils par jour en septembre, le niveau le plus haut depuis le début du conflit en février.
Mais regarde l'autre chiffre. Par le détroit d'Ormuz lui-même, il passe environ sept virgule quatre millions de barils par jour, contre à peu près vingt millions avant la guerre.
Donc ça remonte, mais on est encore très loin de la normale. Le robinet est ouvert, mais en filet.
Et le prix ? Le Brent, le pétrole de référence en Europe, avait fini hier à cent cinq dollars, et il oscillait autour de cent quatre dollars ce matin. Toujours très haut.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que le prix ne mesure pas seulement ce qui passe aujourd'hui. Il mesure ce que les acheteurs craignent pour demain.
C'est ce qu'on appelle une prime de risque. Imagine que tu achètes un billet de train pour un jour où une grève est possible. Tu es prêt à payer plus cher pour être sûr d'avoir ta place.
Exactement. Tant que personne ne sait si les négociations vont réussir ou si les frappes vont reprendre, les acheteurs paient l'incertitude.
Et ça, c'est la réponse à la question qu'on posait ce matin. Oui, un baril qui reste cher malgré un trafic en hausse, c'est logique. Et comme le marché est mondial, la France paie son carburant plus cher, même si elle achète peu de pétrole qui passe par Ormuz.
Deuxième sujet, le Kremlin n'a pas ralenti. Dans la nuit de lundi à mardi, la Russie a tiré des missiles balistiques et des dizaines de drones à réaction sur Kiev, et Odessa a aussi été visée.
Ces nouveaux drones volent très vite et très haut, ce qui les rend plus difficiles à intercepter pour les défenses au sol ukrainiennes. Nous n'avons pas de bilan humain confirmé à cette heure.
Troisième sujet, plus près de nous. Emmanuel Macron est en visite d'État en Espagne. Ce matin, il a été accueilli par le roi Felipe Six, puis il devait s'entretenir avec le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.
Et cet après-midi, il échange avec des étudiants sur un thème très lycéen : comment protéger les démocraties et la jeunesse à l'heure des réseaux sociaux.
La France veut interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans. L'Espagne travaille sur une limite à seize ans. Selon la presse, le Conseil constitutionnel avait rejeté un premier texte français en août, et une nouvelle version a été envoyée à Bruxelles mi-septembre.
À cette heure, on n'a pas de compte rendu confirmé de leur conférence de presse.
Passons à ce qu'il faut comprendre de tout ça, Léa.
Trois choses. Un, la guerre de l'Iran est devenue une guerre de nerfs autant qu'une guerre militaire. Washington parie sur la pression financière, Téhéran sur le fait que le monde a besoin de son pétrole. C'est ce qu'on appelle une arme économique, un thème du programme sur les dynamiques des puissances.
Deux, le Qatar montre qu'un petit État peut peser sans armée, simplement en étant celui à qui les deux camps acceptent de parler. C'est la médiation.
Trois, sur les réseaux sociaux, la question se joue à l'échelle européenne. Un pays seul a du mal à réguler des plateformes mondiales, et c'est un vrai sujet pour le programme sur l'information.
Petit point de méthode. Quand on te dit que le trafic remonte, demande toujours : par rapport à quoi ? À hier, ou à avant la guerre ? Le même chiffre peut sembler une bonne nouvelle ou une mauvaise, selon la comparaison.
Et pour le quiz de ce matin, voici les réponses. Première question : la notion qui désigne l'usage des sanctions ou d'un blocus comme moyen de pression, c'est l'arme économique. On parle aussi de guerre économique ou de coercition.
Deuxième : le médiateur entre Washington et Téhéran, c'est le Qatar. Troisième : le Brent reste haut parce qu'il intègre une prime de risque, et le marché est mondial. Jade avait vu juste sur les trois.
Et une petite finesse pour tous. Dire que le prix reflète la peur ne veut pas dire que la réalité ne compte pas. Ici, le trafic reste encore à peine plus d'un tiers de son niveau d'avant la guerre.
Demain, le gouvernement dépose le budget pour deux mille vingt-sept à l'Assemblée nationale, et on saura si le dialogue avec les socialistes reprend.
Alors une question pour demain matin, Jade, et toi qui écoutes : quand un gouvernement n'a pas de majorité absolue, qui décide vraiment du contenu d'un budget ?
Réfléchis-y, on en reparle demain à la première heure.