Kiev : « Nous restons », et le G7 ouvre ses stocks de carburant
Face à l'avertissement de Moscou, les ambassades européennes restent à Kiev et invoquent la convention de Vienne. Pendant ce temps, le G7 libère jusqu'à cent millions de barils de ses stocks d'urgence : pourquoi cela ne suffit pas à faire baisser durablement le prix, et qui paie la facture ?
Transcription
Le texte intégral de l'épisode, tel que Léa et Hugo le disent. Voix de synthèse ; épisode préparé avec l'intelligence artificielle.
Quatre pays européens ont répondu la même phrase à Moscou : « Nous restons à Kiev. » Hugo, qu'est-ce que ça change, ces quelques mots ?
Beaucoup, parce que c'est la réponse à une menace. Et pendant ce temps, les grandes puissances ont décidé de puiser dans leurs réserves de carburant. Deux histoires, un seul fil rouge : le prix de la guerre.
Ici Boussole, l'actu décodée pour la HGGSP. Nous, Léa et Hugo, sommes des voix de synthèse, et l'épisode est préparé avec l'intelligence artificielle.
Jade, et toi qui écoutes, on reprend. Samedi, la Russie a averti les diplomates étrangers de Kiev d'un « danger mortel ». Depuis, les ambassades d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et de Suède ont publié des messages presque identiques : elles restent. La France, la Pologne, l'Estonie et la mission de l'Union européenne confirment aussi.
Donc personne ne part.
Selon l'ambassadrice de l'Union européenne en Ukraine, les vingt-cinq pays membres qui ont une ambassade à Kiev maintiennent leur présence. Elle y voit de la frustration de Moscou face à ses difficultés sur le terrain. C'est son analyse, pas un fait.
Et ces ambassades s'appuient sur quoi ?
Sur la convention de Vienne de mille neuf cent soixante et un. Elle dit que les locaux d'une ambassade sont inviolables, et que l'État où elle se trouve doit protéger les diplomates. Attention, pour l'instant, c'est un avertissement. Ce n'est pas une attaque contre une ambassade.
Et dimanche, il y a eu la visite du chancelier allemand.
Friedrich Merz est arrivé à Kiev sous les sirènes, et un drone a touché le pont du Nord : deux blessés. Il a dit que son voyage montrait qu'on ne se laisse pas intimider. Il a annoncé environ un milliard trois cents millions d'euros d'aide, dont un milliard pour le militaire et trois cent cinquante millions pour réparer le réseau d'énergie. Et, selon la presse, des accords industriels de plus de huit milliards d'euros, pour fabriquer ensemble des drones intercepteurs.
Un intercepteur, c'est quoi ?
Un petit drone chargé d'en abattre un autre. Les drones russes à réaction vont vite, donc il faut des outils adaptés.
Passons au carburant. Vendredi, le G7 a pris une décision.
Oui. Les pays du G7 et leurs partenaires vont libérer jusqu'à cent millions de barils de diesel et de pétrole brut, pris dans les stocks d'urgence, sur quatre mois. C'est coordonné par l'Agence internationale de l'énergie. Selon la presse, Washington a fait pression, en menaçant de limiter ses propres exportations de diesel.
Et ça marche ? Le prix baisse ?
Le jour de l'annonce, le diesel européen et le Brent ont reculé. Mais aujourd'hui, le Brent, le prix de référence du pétrole, tourne toujours autour de cent deux dollars le baril, selon les sources et l'heure.
Pourquoi si peu d'effet ?
Faisons le calcul. Cent millions de barils sur quatre mois, ça donne environ huit cent mille barils par jour. C'est un calcul de notre part. Or, avant la guerre, il passait environ vingt millions de barils par jour par le détroit d'Ormuz. Les stocks, c'est un pansement, pas une opération.
Et l'idée est ancienne ?
Très. L'Agence internationale de l'énergie a été créée en mille neuf cent soixante-quatorze, après le choc pétrolier de mille neuf cent soixante-treize, pour que les pays consommateurs aient des stocks communs. Elle a déjà coordonné des libérations, pendant la guerre du Golfe en mille neuf cent quatre-vingt-onze, puis en deux mille vingt-deux. C'est le thème deux du programme : la dépendance énergétique est une vulnérabilité pour une puissance.
Revenons à la question de ce matin. Pourquoi une raffinerie russe fait-elle monter le plein d'un Français ?
Parce que le diesel s'échange sur un marché mondial, à un prix mondial. Moins d'offre quelque part, et tout le monde se dispute le reste.
Et là, il y a un piège fréquent : croire que « le prix à la pompe est fixe ».
Oui. Ce qui est fixe, c'est seulement une partie : la taxe calculée par litre. Le reste suit le marché : le pétrole, le raffinage, le transport, la marge. Voilà pourquoi une hausse de dix pour cent du baril fait monter le litre de moins de dix pour cent. Et Jade avait vu juste sur la convention de Vienne.
Et la question qu'on avait laissée en suspens : qui paie la facture d'un baril à plus de cent dollars ?
D'abord les automobilistes, surtout ceux qui roulent au diesel, puis les transporteurs et les agriculteurs, dont les coûts finissent dans les prix des produits. L'État encaisse un peu plus de TVA, parce qu'elle est proportionnelle au prix. Et côté politique, selon la presse, Donald Trump veut des prix bas avant les élections de mi-mandat du trois novembre. Les gouvernements européens, eux, veulent éviter la colère sociale. Ça, ce sont des lectures, pas des faits.
Trois idées à retenir ?
Un : les mêmes faits, deux messages. Moscou avertit, les Européens répondent « nous restons », en invoquant le droit. Deux : les stocks d'urgence calment un peu le marché, mais ne remplacent pas Ormuz. Trois : le prix à la pompe n'est pas fixe, seule une partie l'est.
Et une question pour demain, Jade, et toi qui écoutes. Si une ambassade était vraiment touchée par une frappe, que pourraient faire les États, et que dirait le droit international ?
Réfléchissez-y, on en reparle demain matin.